dimanche 11 janvier 2009

Le mélange.


"Oh! Mon gâteau préféré!"
"Moni Paul niam tiet nôm te?"
"Elle est bonne ta galette, elle sent pas les poux, comme celle des français."


Encore une fois, nous sommes tous réunis dans la cuisine: d'un côté de la table il y a moi, mon petit frère, et les deux garçons d'une de mes tantes. De l'autre côté il y a ma belle-mère, ma tante et mon papa, tout en bout de table, en retrait. Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de ma belle-mère, on fête aussi l'épiphanie, et c'est dimanche, le jour où tout le monde se réunit. Sur la table, un gâteau khmer, une galette des rois, du coca, du thé rouge. Les enfants finissent leur part de galette, mon petit frère a eu la fève, on lui met une couronne, qui passe sur toutes les têtes, et moi, je prends des photos.

Et tout ça ne dérange personne.

Une chose choquait beaucoup ma mère, française, quand ma famille du côté cambodgien venait à la maison: ils mélangent tout.
Chez les émigrés khmers vivant en France, ça ne choque personne de mettre de la sauce de soja dans le pot au feu et de le manger avec de la sauce de poisson, ni, comme ici, de manger un gâteau typiquement khmer avec du coca.

"Banh Tévy?"
"Oui kône."
"A ni ei?"
"C'est du gâteau."
"A ni gâteau?"
"Oui, c'est ça."

Mon cousin va voir sa mère et lui raconte ce qu'il est en train de faire au début en français et la fin en khmer. Je ne comprends pas tout.


Quand on fait partie d'une seule culture, je ne sais pas si on peut vraiment se rendre compte quel point il est délicieux de mélanger les genres et les couleurs. J'ai toujours trouvé ridicule le fait de se mettre des barrières comme ne pas tremper son saucisson dans la sauce piquante juste parce que le saucisson est français et la sauce piquante asiatique. Les enfants le font, mais ne s'en rendent même plus compte. Ils mélangent des mots en français et des mots en cambodgien pour faire des phrases multiculturelles complètement délurées, et ça ne choque personne, surtout pas moi.

"Tévy, tu veux de la galette ou du nôm?"
"Les deux, minh les deux."


Les deux parce que je suis gourmande. Les deux parce que je ne veux pas choisir. Les deux parce que mélanger, c'est tellement bon... Et qu'en général, ça donne des résultats surprenants.

Surprenants comme moi.

2 commentaires:

jess a dit…

De toute façon le mélange culturel est une richesse. Même si tu as parfois l'impression d'avoir le cul entre deux chaises, il faut toujours voir ça comme une chance. En effet ça te permet d'avoir une ouverture d'esprit non négligeable et d'êter surement plus compréhensible devant la diversité et l'adversitée. Les deux cultutes font parties de toi, c'est pourquoi tu ne dois jamis choisir. Puis quelquesoit les mélanges ce qui compte c'est q'il soit bon et t'pporte toujours quelque chose de positif. De toute manière la bonne cuisine r"jouit tout le monde, personne ne refuse de manger des bons petits plats. Si parfois les mélanges paraissent étranges, il faut gouter sans avoir de préjugés avant.Gouter et apprécier. Gouter pour découvrir de nouvelles saveurs; C'est après qu'on peut juger mais surtout pas avant.

Céline a dit…

T'inquiètes! Chez nous, c'est pareil! ^^ On mange du lapin à la moutarde avec du riz à l'ail et aux oignons (recette typiquement portugaise!) Et c'est trop bon!!! Ou à Noël, on a mangé un rôti de veau orloff avec un farapo velho, des rabanadas ou de la letria!